11 janv. 2010

Vengeance, part. I & part. II


La dernière chose dont je me souviens, avant que tout ne tourne à l'orgie, c'est de voir au moment de te saluer ton regard vide et absent, tes yeux qui déconnent, ton visage inexpressif. Je prends sur moi pour ne pas péter un plomb, hurler, te secouer, te bouger. Je n'ai qu'une seule envie, crier ma détresse, ma douleur, mon amour, m'effondrer là devant toi, fondre en larmes dans tes bras et que tu me dise que tout ira bien... Mais tu ne feras rien de tout ça ... Alors à mon tour je déconne, je veux me venger, voir ta réaction, pire, je veux te voir souffrir. Il est là, à côté, autour de moi, plus accessible que jamais. Je t'en ai parlé une fois, quand il y avait un "nous", je t'ai avoué ce que je ressentais pour lui avant de te rencontrer. J'ai aussi conscience de l'existence de cette amitié entre vous. Alors je fonce, tête baissée. Pour que tu me regardes, brisé, avec dégoût. Pour que tu ressentes ce que tu viens de me faire endurer, mais puissance dix, sous tes yeux. Alors je me rapproche, il m'enlace, je l'embrassé, et c'est sous ton regard hébété que nous passons ensembles la soirée. Complètement défoncée, je suis fière de moi, fière de te faire ça, fière de réagir ainsi, de faire la conne, la pute, de réduire en cendre la moindre étincelle présente entre nous, un brin d'excitation dans ma voix riant aux éclats, la flamme du Diable dans mon regard jeté parfois à ton égard ... Au moindre coup d'oeil je resserre mon étreinte, sous la lueur des néons, la lumière éteinte. Un sourire Diabolique, une voix endiablée, dans cette situation si ironique mes démons se réveillent ... je danse sur Shaka Ponk. Si seulement tu avais l'audace de me regarder une ultime fois avant que tout s'arrête, tu pourrais percevoir dans mes yeux ce mal être ... Tristesse, décadence, ivresse, déchéance, l'apogée du ridicule, ironie du sort, corps animé mais coeur mort. Je ne peux m'empêcher de me dire que ces gestes, ces moments, ces rires, c'est avec toi que je devrais les vivre, retrouver notre défunte complicité dans un sourire ... Prendre ta main, passer la mienne dans tes cheveux, être avec toi, demain, ne rien penser, juste être heureux ... retrouver cette chaleur et cette niaiserie, celle de l'été dernier. Ce qu'on est con quand on aime.